Interview avec Olivier Bertrand, maire d'Arcy-sur-Cure

Olivier Bertrand
Olivier Bertrand, maire de 
Arcy-sur-Cure
Interview avec Olivier Bertrand, maire d'Arcy-sur-Cure

Le parc en chiffres :

Olivier Bertrand est maire d’Arcy-sur-Cure depuis 2001. Cette commune rurale de 500 habitants, située dans l’Yonne, est installée au fond d’une vallée. Le projet éolien, lui, s’est développé sur le plateau, à distance du village. Avec une faible densité d’activités industrielles et des ressources fiscales par habitant modestes, la commune est attentive aux nouvelles recettes susceptibles de soutenir son budget. Le développement éolien figurait ainsi parmi les pistes envisagées pour renforcer ses ressources économiques.

Pourriez-vous décrire votre territoire ?

Sur la commune nous avons des zones Natura 2000, la vallée est classée en Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF). Ce n’était pas forcément très facile au départ d’implanter des éoliennes sur un secteur comme celui-ci et avec la proximité d’un site comme Vézelay, qui pouvait poser au démarrage quelques soucis.

Pourquoi accueillir un parc éolien sur votre territoire ? Qu’est-ce qui a motivé cette démarche ?

Dès le début la commune d’Arcy a été favorable et a accueilli le projet éolien de façon très positive, ce qui n’était pas forcément facile à l’époque parce qu’il y avait assez peu d’éoliennes implantées et que les gens avaient une certaine méfiance à l’égard de ces installations. En revanche, il y a plus de 10 ans nous avions déjà conscience qu’il fallait faire quelque chose au niveau des énergies renouvelables même si ces questions n’étaient pas autant d’actualité qu’aujourd’hui. Les personnes qui se lançaient dans ce type de projet étaient des précurseurs. Une commune voisine avait déjà lancé un projet d’installation d’éoliennes et avait de nombreux recours. J’ai l’impression que notre projet est passé assez facilement car tout le monde était concentré sur l’autre projet, bien plus grand et qui a d’ailleurs aussi vu le jour depuis.

Est-ce que le conseil municipal et les habitants ont tout de suite adhéré au projet ? Y’a-t-il eu des voix contre ?

Il y a eu assez peu de contestation de la part des habitants d’Arcy, les contestations sont venues d’associations extérieures à la commune. Le conseil municipal de l’époque avait donné un avis favorable, il n’y avait eu qu’une seule abstention. Globalement tout s’est bien passé, les habitants étaient favorables. Finalement, la bataille a été plus administrative que liée à des difficultés avec la population ou l’accord des citoyens.

Quelles ont été vos relations avec Volkswind, pendant la durée du projet ?

On a toujours eu de bonnes relations avec Volkswind, les interlocuteurs se sont succédés pendant de nombreuses années. Malgré les arrêts du projet dus à des raisons politiques, qui avaient tendance à nous démotiver ; les personnes de chez Volkswind revenaient pour nous informer de l’avancement du projet, du changement des lois, de l’évolution des choses. On a eu plusieurs interlocuteurs mais toujours de bons contacts.
Pour la construction, tout a été parfait. Nous n’avons jamais eu de problème, les choses ont été faites comme elles avaient été dites. Que ce soit au niveau des chemins d’accès ou de la prise en compte des besoins des agriculteurs pour les usages, et de l’ONF pour les forêts (nous sommes en limite d’un massif boisé). Les collines sont boisées et quand on arrive sur le plateau, on a les zones agricoles et donc l’implantation des éoliennes s’est faite sur la zone agricole qui se situe après la zone boisée. Il y avait une méfiance entre la cohabitation de la limite de forêt et des éoliennes. Mais les échanges entre les uns et les autres ont été respectueux et tout s’est fait sans problème.

Comment ce parc éolien s’est intégré à votre environnement ?

La société Volkswind nous avait présenté des photo-montages d’implantation des éoliennes. Evidemment selon l’angle et l’endroit où on se place on a des vues différentes. Il y a eu quelques réactions une fois que les éoliennes étaient montées de dire « Ah et bien cela on ne l’avait pas vu comme ça ! », « Ah eh bien oui on les voit autrement ». Finalement tout est fidèle, il n’y a pas eu de tromperie entre le projet et sa réalisation.

Quelles sont les retombées financières pour votre commune ?

Nous avions avec l'ancienne communauté de communes un accord sur un reversement partiel, qui a été maintenu par la communauté de communes actuelle. Donc aujourd’hui nous percevons ce que prévoit la loi et un versement de ce que perçoit la com. com. qui correspond à la moitié des sommes perçues. Ce qui est très positif car ce n’est pas le cas pour toutes les communes.

Quels projets ou travaux ont été réalisés grâce à l’arrivée des éoliennes ?

Cela nous permet de réaliser des tas de choses, avec comme priorité de ne pas augmenter les impôts. Nous avons, par exemple, posé des bornes pour les véhicules électriques. Nous avons changé les anciens lampadaires par des éclairages à LED. Nous avons pu mettre en place l’éclairage du terrain de football pour que les entraînements puissent avoir lieu le soir. Chaque année, nous allons avoir une capacité d’investissement supérieure. Cela passera par l’amélioration des trottoirs, de la voirie, etc…

L'implantation des éoliennes a permis à la plupart des gens d'avoir un avis positif sur les énergies renouvelables. Nous avons beaucoup de demandes de permis pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les maisons. Nous avons un projet agrivoltaïque qui est en cours avec des agriculteurs pour mettre des panneaux dans les champs.

Et sur la commune, nous avons le projet d’installer des panneaux photovoltaïques sur le toit de la boulangerie pour qu’elle fonctionne en autoconsommation d’électricité. Nous sommes vraiment dans cet élan-là, de consommer local et d’une production énergétique en continu. Les éoliennes ont peut-être permis un déclic, une prise de conscience pour favoriser les énergies renouvelables dans nos zones rurales. Il y a aussi un projet de méthaniseur qui va entrer en fonctionnement dans l’Avallonnais. Une offre énergétique différente se met peu à peu en place dans nos territoires.

Qu’est-ce que vous diriez à d’autres maires sur votre expérience avec les éoliennes ?

A titre personnel, j’ai toujours été favorable à l’éolien ou au photovoltaïque, j’ai moi-même fait installer des panneaux solaires sur le toit de ma maison. J’avais déjà conscience qu’il fallait faire quelque chose pour sortir des énergies fossiles et d’ailleurs avant qu’arrivent les éoliennes, nous avions changé le chauffage collectif de la mairie et des écoles par un chauffage à granulés de bois. Les différents conseils municipaux qui se sont succédés étaient assez enclins à développer des énergies renouvelables.